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30
juin
2016

Témoignage — Drame du CHUV: «J’irai jusqu'au bout pour Rute»

La mort d’une femme et de son bébé après leur passage aux urgences soulève de nombreuses questions. Les proches des défuntes comptent attaquer l’hôpital.

Témoignage —  Drame du CHUV: «J’irai jusqu'au bout pour Rute»

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Zymer Hadergjonaj compte faire toute la lumière sur le décès de son épouse et de son premier enfant. Image: Jean-Guy Python

«L'hôpital ne nous donne pas des explications assez claires.» Depuis le décès de Rute de Sousa et de sa petite fille au CHUV, après une césarienne samedi dernier, ses proches s'interrogent. Les médecins auraient-ils pu sauver son bébé sur le point de naître quand il était encore temps? Comment se fait-il que les avertissements de son gynécologue aient été ignorés? Et qui a oublié de remplir les bouteilles d'oxygène des urgences, vides au moment où Rute montrait des défaillances respiratoires?

Hier soir, à 18 h, ils étaient une dizaine à demander des réponses au personnel médical, qui leur avait donné rendez-vous dans une salle du sous-sol du bâtiment. Venus spécialement d'Allemagne, du Kosovo ou du Portugal pour connaître la vérité sur leur chère Rutie décédée, sa sœur et sa belle-famille sont pourtant repartis encore plus confus qu'au départ. Ils ne comptent pas en rester là.

 

«Pas de transparence»

 

Passé le premier choc du décès, révélé mercredi par 24 heures, la famille demande des comptes. Car si le personnel médical parle d'un streptocoque A qui a dégénéré, l'entourage dénonce une série de dysfonctionnements. «Je me battrai jusqu'au bout pour faire toute la lumière sur cette affaire, tonne Zymer Hadergjonaj, le mari de Rute et père de la petite Lizéa, morte in utero. J'ai déjà tout perdu et je n'ai que ce combat qui me reste. La direction hospitalière ne me fait pas peur. Prouver leur tort est devenu ma nouvelle raison de vivre.»

 

Dans la pièce prévue pour l'accueil des proches, le personnel médical était présent en nombre hier. Une douzaine de blouses blanches pour marquer leur respect et serrer vigoureusement les mains des arrivants. La discussion, parfois houleuse, s'est déroulée à huis clos pendant deux heures. Les journalistes n'y étaient pas admis. «Ils disent être transparents, mais n'hésitent pas à exclure les médias, lâche Cristiana de Sousa, sœur de la défunte, après l'entrevue. Je suis convaincue qu'ils se sont plantés à plusieurs moments. A commencer par le diagnostic, qui était faux et qui a engendré une suite de mauvaises décisions.»

 

Jean-Blaise Wasserfallen, directeur médical du CHUV, tente de tempérer. «Toute prise en charge médicale comporte son lot de risques, souligne-t-il. Deux enquêtes sont en cours, une interne et une externe.» Face aux Romandes enceintes inquiètes qu'un tel incident ne se reproduise, le médecin en chef tient à rassurer: «Il n'y a pas lieu de s'inquiéter, insiste-t-il. Depuis mon arrivée à la direction médicale du CHUV en 1996, aucune femme n'est décédée de cette façon à l'accouchement. Lors des analyses sanguines de la patiente vendredi dernier, tout paraissait normal.» Les résultats des investigations tomberont dans deux à trois semaines.

 

Source: LE MATIN

 

Categories: News Press

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